Je me suis dit que cela pouvait être un métier .

Je n’aime pas faire les boutiques.

Je ne saurais jamais tirer et pousser une porte.

Je ne saurais jamais s’il vaut mieux se moucher avant ou après être entrée.

 

Non moi, j’aime fouiller, fouiner, farfouiller.

Je suis une farfouilleuse.

Australie, Etats-Unis, Canada, Corée, Angleterre.

Je visite les quatre recoins du Monde.

La toile me porte dans des boutiques improbables, à la rencontre de créatrices à l’imagination débordante.

 

Je suis une acheteuse compulsive à but lucratif.

Une investisseuse du coup de coeur.

Je prends tout par paires.

 

Et la Poste devient vite ma maison secondaire.

Des colis, tellement de colis.

Je finis par deviner quelles mers ils ont pu traverser à la couleur de leurs étiquettes.

Et j’entasse. J’entasse.

Des cahiers. Beaucoup de cahiers. Des colliers. Des bracelets. Des broches. Des barrettes.

Un vrai casse-tête de midinette.

Les ranger. Les trier. Les compter.

Faire l’appel.

Et recommencer.

Faire connaissance.

Leur dire qu’ils sont beaux. Les prendre en photo.

Et prendre soin d’eux.

Leur dire qu’un jour ils partiront. Que je ne peux pas tous les garder.

Qu’ils ne sont pas faits pour rester.

Je me suis dit que cela pouvait être un métier.

 

Et puis un jour on reçoit un message.

La sentence du paiement en ligne est tombée.

Quelqu’un de loin.

Quelqu’un qui ne m’a jamais vue manger de spaghetti.

(Quelqu’un de sûrement très gentil)

M’accorde sa confiance.

Et puis un jour on reçoit des messages.

Je me suis dit que cela était devenu mon métier.

 

Mais je fais parfois une tête bizarre.

Et ça.

Ca n’a pas changé.

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